PARUTION DANS LA REVUE DU TARN (1969)

« EN SOUVENIR DE Jean de TRIGON » par Paul de Trigon (suite)

« On note ici, ce croyant sincère, qui est certain que son créateur ne peut lui avoir donné un si grand amour des choses, des êtres, de sa famille, sans une suite logique et conforme à l’esprit.

Cette foi ardente et profonde, on la trouve dans sa prière à Notre-Dame de Rumengol, lieu de pèlerinage célèbre dans le Finistère, où il est allé avec son humble dévotion :

Notre-Dame de Rumengol, Notre-Dame, bonne Vierge
Toute dorée, comme en paradis.
Regardez, je vous en supplie,
Ces pauvres yeux qui vous regardent
Et se confient à votre garde.
Je vous salue Marie !

Religieux et pratiquant avec sincérité, il était aussi tolérant et respectueux de toutes les idées philosophiques ou croyances qui n’étaient pas les siennes. Pour lui, son prochain était un trésor, une création divine qui devait être aimée fraternellement, car toutes les créatures, si différentes soient-elles les unes des autres, possèdent un potentiel d’amour, de peine, de tendresse, de souffrances, qui doit primer sur les défauts ou divergences qu’on leur trouve et qu’en contrepartie, elles sont en droit de trouver à votre personne.

Toutes n’ont-elles pas reçu avec la vie, le souffle de Dieu ?

Il était au-dessus des divergences de la politique, trouvant que, dans la relativité des sciences et de la philosophie humaine, on trouvait du bon et du moins bon. Seul comptait le désintéressement, l’élan non calculé, l’amitié saine et pure que ne peuvent détruire les différences d’opinions ou de vue, dont il considérait que, seul, Dieu reste juge, avec des moyens que nous n’avons pas.

Arfons a continué de lui inspirer le principal de son œuvre poétique, comme nous le voyons dans les divers poèmes qui suivent :

VIEILLES MAISONS D’ARFONS

Chacune a son secret sous l’ardoise ou la tuile.
On les bâtit loin des villes,
Il y a deux ou trois cents ans.
Elles n’ont plus d’orgueil et vivent tranquilles.
Nous ne saurons pas leur histoire
Ni les noms de leurs habitants.
Elles ont caché des misères
Et des amours des pauvres gens.
Leurs plafonds sont pleins de fumée,
Leurs vitres sont embrumées
Mais on n’y allume plus de feu.
Ce sont les vieilles du village,
Leurs façades sont comme des visages
Dont les fenêtres ont fermé les yeux… »

… à suivre…

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